TRANSMETTRE

Transmettre,  nous renvoie bien évidemment au mot transmission….de transmittere (transporter)…

mais aussi, pourquoi pas à l’association transe-mission….de transire (passer)….mission de faire passer….

Transmettre c’est être en vie…c’est surtout rester vivant.

Transmettre…c’est rendre visible le visible privé de visibilité… mais aussi rendre, en quelques sortes, audibles les voix privées d’audition.

C’est transporter l’autre, c’est mettre en œuvre une pédagogie qui invite l’autre à se mettre en œuvre.

Se mettre en œuvre est une phrase qui revient souvent naturellement dans nos conversations, mais peu de gens mesurent la force et la pertinence de son sens…

Michel FOUCAULT écrivait dans la première préface à « folie et déraison » que « la folie c’est l’absence d’œuvre ». Comment ne pas comprendre que la possibilité d’une vie tient de la possibilité de « faire œuvre »?

Faire œuvre revient à agencer une forme, un désir de forme dans un espace-temps particulier. C’est aussi déployer un projet qui a la capacité d’ébranler l’espace-temps dans lequel s’inscrit un individu et de le faire vibrer d’une intensité nouvelle.

Les vies « désœuvrées » ne sont pas des vies sans œuvre mais des vies qui ne sont plus reliées à un potentiel d’œuvre du fait de l’absence de perception qui les désarrime, déracine de tout foyer social, de toute loi de partage.

Il y a toujours un risque à s’exprimer, car, contrairement à ce que l’on peut croire, l’expression est toujours expression de quelque chose que l’on ne connaît pas.

Il est erroné de supposer que l’expression procède d’une conscience anticipée de ce que l’on a à dire, c’est l’inverse ! La conscience vient de ce que l’on dit. Quelqu’un communique ce qu’il sait mais exprime ce qu’il pressent.

TOMATIS, médecin français spécialiste des troubles de l’audition et du langage, a développé une méthode qui s’appuie sur des techniques de structuration de contrôle de la voix et du langage grâce à la fonction d’écoute de chacun. Il nous dit : on peut bien entendre et mal s’écouter. Le message sonore est correctement perçu mais mal analysé sur un plan émotionnel.

Le cerveau se protège en érigeant des barrières pouvant favoriser aussi le développement de nombreux troubles -on dit que l’écoute est perturbée-.

La méthode TOMATIS stimule le cerveau en effectuant des séances d’écoute répétées, en utilisant des appareils spécialement conçus pour stimuler le cerveau et l’aider progressivement à mieux analyser le message sensoriel. On dit que « l’oreille se met en écoute » : l’oreille ne sert alors plus seulement à entendre, elle stimule le cerveau et détermine l’équilibre du sujet; une bonne écoute est donc primordiale pour favoriser le développement personnel. On sait que l’on peut regarder et écouter quelqu’un sans le voir et l’entendre.

Donc TOMATIS a le mot juste quand il dit « la langue devrait servir à écouler la découverte formulée de ce que l’on pressent, tandis qu’elle n’est utilisée, le plus souvent, que pour traduire uniquement ce que l’on sait, ce que l’on a appris. »

Alors, quel malentendu chez ceux qui ne s’expriment pas, croyant n’avoir rien à dire, et quelle méprise aussi chez ceux qui disent sans s’exprimer, ceux qui communiquent, instruisent et informent. Normalement, deux personnes se rencontrent avec l’envie de découvrir, avec l’envie « d’écouler la découverte formulée de ce que l’on pressent »…Ce que l’on pressent étant, je le reprécise, ce que l’on sait sans le savoir, ce qui demande à être révélé par le langage, qu’il soit verbal ou non verbal.

Car oui, n’oublions pas que le langage peut être verbal ou non verbal.

Dans le joli film que nous pu voir sur les écrans en 2014, Marie HEURTIN, de J.Pierre AMERIS avec Isabelle CARRE et Ariana RIVOIRE (l’histoire de cette jeune fille sourde et aveugle de naissance jugée débile et confiée à des religieuses qui prennent en charge des enfants sourds à la fin du 19me siècle) ; donc dans ce film qui parle de handicap physique et social, nous voyons que l’accès au langage peut prendre des chemins détournés et c’est fou comme en parlant de la privation des sens, Jean-Pierre Améris parvient à exacerber les nôtres, à nous rendre plus attentifs à la beauté qui nous entoure et à faire évoluer le regard que l’on porte sur les personnes en situation de handicap.

Ce qu’il y a d’intéressant dans ce film et ce qu’il y a d’essentiel dans le phénomène de l’expression, c’est qu’il s’agit de manifester ce qui est subjectif, ce qui est vécu de l’intérieur par celui qui est sujet de sa propre expérience et qui occupe un point de vue unique au monde.

Ce qui est contraire à l’expression, c’est l’exécution pure et simple d’un connu à l’avance.

L’expression est une démarche de découverte, elle n’appartient ni à l’expert, ni à l’artiste, elle est le propre de toute personne qui veut approfondir ses rapports avec le monde.

En d’autres termes, l’individu qui s’exprime est toujours de quelque manière surpris de ce qu’il rend extérieur à lui-même, parce qu’il s’exprime avec un moi beaucoup plus grand que son moi conscient et rationnel. Nous l’avons dit tout à l’heure à propos du film de Pierre AMERIS (Marie HEURTIN), l’individu peut s’exprimer par les mots, il peut le faire par le geste aussi.

Arno Stern, l’un des grands éducateurs de l’expression (éducation créatrice), affirme que : celui qui s’exprime ne pense pas… Il substitue à la dictée de l’intellect, l’obéissance du geste aux vibrations de son organisme. Il a « déconnecté » sa main du « circuit intellectuel » et l’a branchée directement sur les impulsions de son corps…ce qu’il trace lui est dicté par ses sensations » (l’expression, 1973)

Voilà ce qu’est le caractère totalisant de l’expression, un contact immédiat où les sensations sont littéralement transcrites en mouvements et en couleurs, comme si le dedans dansait avec le dehors sans la manigance d’une chorégraphie calculée, comme ça, en direct spontanément.

L’expression à son meilleur devient oubli, risque et abandon; pour un instant, l’absence d’une fonction critique (c’est-à-dire déconnectée du tribunal du goût), un rapport actif sans intermédiaire entre la sensation et le geste, la sensation et le mot, la sensation et le médium, une sorte d’accord parfait entre celui qui s’exprime et le contenu qu’il exprime.

Einstein rapporte que les choses ont changé pour lui quand il a cessé de vouloir imposer son ordre au chaos de l’univers et qu’il a plutôt laissé l’univers mettre de l’ordre dans le chaos de son esprit.

En conclusion, celui qui croit se connaître n’a pas envie de s’exprimer, comme celui qui croit savoir n’a pas envie d’apprendre.

C’est quand quelqu’un se sent rempli d’inconnu qu’il éprouve le besoin de se révéler.

Sous l’effet déformant de la privation, l’individu refuse trop souvent l’expérience de s’exprimer.

Et c’est donc ici que l’art-thérapie intervient. L’art-thérapie est un ensemble de médiations mis à disposition de la personne pour prévenir, soigner, traiter, soulager un problème, une maladie.

Comment se passe un atelier d’art-thérapie ?

Cela ne passe pas principalement par la parole, mais encore une fois par la sensation, par le faire, par l’impression devant ce qu’on a créé… En tout cas, pas celle qui explicite ou explique les significations cachées dans la production… Sans vouloir non plus mettre à tout prix des mots dessus…ni tout comprendre.

L’art-thérapeute doit savoir comment accompagner la forme, c’est pourquoi il doit connaître et pratiquer lui-même l’art proposé pour pouvoir aider à mettre dans la production « ce qui fait tourment » sans pour autant le demander explicitement.

Il ne doit pas intellectualiser mais s’ouvrir à l’empathie et à l’intuition.

Elle suppose que la personne soit capable de puiser en elle ses forces de résolution…de souligner ses difficultés en les figurant sans même s’en rendre compte.

Bref, se recréer, comme le souligne J.P. KLEIN pour se re-créer, se créer à nouveau…et donc en quelques sortes, se réapproprier quelque chose de son histoire…

La résilience s’approche de ce concept.

L’art-thérapie ne concerne pas seulement la psychiatrie (psychose, autisme, névroses, troubles de l’alimentation), la gériatrie (Alzheimer et démence), la pédiatrie, la rééducation fonctionnelle ou encore les soins privatifs. Elle se pratique aujourd’hui dans des associations pour toxicomanes, dans des projets de réinsertion, d’alphabétisation, d’accueil de migrants, de personnes violentes, de travail de deuil, avec des victimes d’abus sexuels, pédophilie ou inceste. On y a recours dans les maisons de retraite, les prisons, les écoles.

Elle concerne aussi les aidants de malades (familles, soignants, etc.)

Elle permet de surmonter l’épreuve personnelle, de s’occuper des souffrances d’un patient ou d’un proche. Les art-thérapeutes créent de plus en plus des associations et certains reçoivent même un libéral.

L’art-thérapie pourrait être considérée comme une médecine douce qui évite de travailler directement là où ça fait mal.

Son abord est toujours indirect : pour quelqu’un dont les symptômes physiques ou psychiques se focalisent dans le corps, on ne s’adressera pas directement au corps de la personne, mais on accompagnera ce corps, on aidera cette personne à faire par exemple un collage à partir de photos dans les magazines, à découper, à recomposer, presque à créer des personnages difformes du fait des différentes échelles… Inversement, un patient qui est très (trop?) dans la parole, se verra proposer des expressions artistiques non verbales…

On se situe entre ce que la personne sait faire, mais risque de répéter… et ce qui lui est impossible d’aborder…

Il s’agit en quelques sortes plutôt de découvrir un plus en avant, de façon progressive, des expressions qui le surprendront.

On s’aperçoit peu à peu, alors, que la sensibilité de la personne arrive à s’extérioriser autrement que dans le langage verbal où elle peut se révéler en difficulté, mais par d’autres langages subtils et inattendus où elle peut même être douée et susceptible de progrès.

Elle peut témoigner du drame qu’elle vit, elle se révèle elle-même et aux autres différente, c’est-à-dire unique. La personne prend en considération son unicité.

Ce que ces approches suscitent se déploie au-delà (ou en-deçà) de mots dans une richesse humaine et communicationnelle inédite insoupçonnée.

Pour info, quand on parle d’art-thérapie, on fait souvent référence à un peintre anglais réputé, Adrian HILL, qui, ayant attrapé la tuberculose en 1938, lors d’un séjour en sanatorium, peint et fait peindre les malades, puis à la demande de la Croix Rouge britannique, les soldats blessés de la guerre. Dès 1941, il lance la thérapeutique par l’art. Pour lui, lorsqu’il est satisfait, l’esprit créateur favorise la guérison au cœur du malade. En d’autres termes, celui qui gouverne son esprit peut guérir sa tuberculose.

Alors vous l’aurez compris, je vous parle ici d’art-thérapie artistique. On pourrait appeler l’autre art-thérapie, l’art-thérapie interprétative qui consiste à appliquer la psychanalyse aux productions artistiques.

Par exemple dans le domaine de la peinture, le rouge reviendrait à exprimer la violence, le noir, la pulsion de mort, une forme verticale, un phallus…Mais ce n’est pas mon champ d’action.

Quand je parle de richesse humaine communicationnelle…..j’introduis là encore indirectement le mot transmission….dans une société ou l’on confond allègrement transmission et communication. Si on se réfère à son origine, la transmission introduit la présence de deux corps…de deux voix qui se font faces…..

Pour moi, il n’y a pas d’accompagnement sans corps à corps, corps accord avec l’autre. Un dicton dit : « l’art c’est la vie… » J’ai envie de rajouter autour du thème qui nous rassemble : l’art c’est la vie…mais sur un autre rythme.

Nous l’avons vu, l’art ne se réduit pas à l’expression sauvage d’élucubrations psycho-émotives d’individus en proie à leurs propres confusions et conflits, mais s’inscrit dans l’expression d’une quête, liée à un besoin de communication et de relation parfois peu visible mais réel.

Dans ces lieux clos l’artiste accompagnant joue le rôle de passeur… il construit un pont… ou des ponts… il renvoie le mot art… au mot articulation… il rend lisible… il accompagne des personnes dont le rapport au temps, au corps, à l’espace… est différent et parfois singulier… Il accompagne ces personnes dans la liberté et la contrainte d’un langage accessible à l’autre.

J’utilise le mot accompagnant car j’aime bien cette notion de compagnonnage qui est largement utilisée dans le champ social mais beaucoup moins dans le champ sanitaire ou éducatif.

Dans les Centres Hospitaliers Spécialisés, l’artiste accompagnant-intervenant articule un langage cohérent et sensible avec l’incohérence du lieu, collaborant ainsi par touches légères et sensibles à la vie et au développement de la « culture » de ce lieu.

Inviter la personne à se mettre en situation d’expression est pour moi la donnée essentielle et première de l’accompagnement puisqu’elle aide simplement quelqu’un à exister, à se mettre debout, à prendre sa vie au sérieux, à trouver sa place, à s’y tenir avec humilité et force. Elle permet également d’apprendre à vivre avec réalisme sans se regarder vivre, sans rêver sa vie. Aider quelqu’un à exister, c’est désirer qu’il vive le plus lucidement et le plus profondément possible… c’est l’aider à la réconciliation avec soi-même et avec sa vie…

Aider à la réconciliation avec soi-même et avec sa vie c’est permettre à la personne d’assumer ses limites, son handicap, ses fragiles. C’est surtout l’inviter à se réapproprier un corps sensible nourri des couples pensée-émotion, intuition-sensation, qui permettent à l’individu de rentrer en création dans une dynamique d’abandon et de contrôle nécessaire à tout acte de transmission. Le premier mouvement devant nos limites ne devrait jamais être l’accusation mais l’acceptation douce, humble, sereine de ce que nous sommes.

« Oser vivre », comme le souligne Jacques LECLERCQ (linguiste, sociologue québécois)… »c’est d’abord plaider non coupable et décider l’acquittement de tout soi-même »…

Ce n’est pas un drame d’être inachevé c’est même parfois plutôt rassurant. Le pire serait de croire qu’on est arrivé, qu’on est « achevé »… on n’est jamais au bout de la route, un toujours plus est possible. Même dans les situations les plus « bloquées »… l’être le plus perdu a toujours un avenir même si la société n’y croit plus.

Se réconcilier avec son état de vie, le quotidien, les désillusions inévitables…C’est là que se situe le véritable défi… C’est là aussi que l’expression du sensible nous attend, mais pas demain… aujourd’hui.

Un jour un patient m’a dit « le théâtre m’a éveillé à la vraie intériorité »…

Beaucoup en ont peur, ils la défigurent ou la méprisent. Il est vrai que l’on peut vivre à partir d’impressions, de sentiments, d’amertumes, mais ce n’est pas l’intériorité.

Or l’homme est fait pour vivre lucidement et profondément son être. L’acte artistique peut donc l’aider à construire ce lucide et ce profond.

Beaucoup de personnes ne sont pas habituées à cette introspection, elles agissent avec leur tête et leur cœur, mais dans la direction horizontale, jamais dans la direction verticale, celle qui permet le défrichage, le déchiffrage, le dégivrage, le décryptage de l’intérieur. Pourquoi ? Parce que simplement on leur a défendu « il ne faut pas s’occuper de soi »…ou parce qu’on est trop pris par la vie active, …ou parce que l’on se fuit…

Dans l’accompagnement artistique de l’individu, on va aider l’autre à poser un regard sur l’intérieur. Il y a souvent un fouillis nébuleux. En « verbalisant » tout cela, on commence à mettre de l’ordre en soi, on fait reculer les frontières de l’obscurité, du subconscient et de l’inconscient. La mise en situation d’expression permet à l’individu d’occuper lucidement son être profondément. Oui profondément. Car l’homme est fait pour vivre au niveau profond et non seulement au niveau instinctif et réflexe. Il y a beaucoup d’êtres qui vivent leur vie d’une manière instinctive sans réfléchir et sans profondeur. L’acte d’expression les appelle à découvrir en eux des zones qu’ils ignorent… La vraie maîtrise de soi ne s’acquiert qu’à partir des profondeurs. Cette vie en profondeur est accessible à tous et pas seulement aux mystiques et aux intellectuels. Seulement comme le dit très justement Maurice ZURDEL (prêtre écrivain et sociologue) : « la découverte de l’autre est absolument inséparable de l’accès de l’homme à lui-même, à sa profondeur… il faut que l’homme parvienne à soi pour faire la rencontre avec l’autre… pour faire une place à l’autre »…

Tout ceci nous conduit à la « liberté d’être ». La liberté d’être… ça ne veut pas dire je suis bien… ou je vais bien, ça veut dire je me veux bien ainsi… Ce que je suis est plus important que ce que je pensais être.

Il y a bien sûr une éducation à l’autonomie. Ceci est particulièrement important pour les êtres dépendants qui aiment facilement se mettre sous tutelle « je m’en remets entre vos mains ».

L’artiste intervenant rend l’autre libre. Être libre c’est être autonome… c’est apprendre à bien vivre avec les autres…C’est accepter de recevoir… transmettre… partager…choisir…

Au disciple d’un maître Soufi qui voulait connaître la voie la plus courte pour accéder à l’intériorité, ce dernier lui dit : « je vais te confier un secret… tu ne le répéteras à personne… il n’y a pas de voie, la voie courte… la voie royale consiste dans l’acceptation de l’absence de voie »…

BOSSUET dira : « loin de vous attacher les âmes infirmes, rendez-les libres et autant que vous le pourrez, mettez-les en état d’avoir moins besoin de vous et d’aller, comme toutes seules, par les principes de conduire que vous donnerez ».

Eric de ROSNY (prêtre écrivain Jésuite qui a longtemps vécu en Afrique) se demandait s’il  pouvait accepter un rite africain d’accompagnement de libération, d’ouverture des yeux… Ce discernement n’est pas facile… car tout est mêlé… il demande conseil à un vieux Jésuite. Voici sa description de l’accompagnateur : « discerne en lui s’il appartient à cette race rare et précieuse de conseillers qui vous donnent l’impression d’être toujours à votre suite, se tenant derrière vous pour ne pas gêner votre marche, mais comme légèrement déplacé sur le côté afin de mieux apercevoir les dangers que vous courrez et de vous en avertir… juste ça ! »

Voilà, je pense que la mise en situation d’expression et l’acte artistique sous toutes ses formes nous permettent d’apprendre à nouveau à vivre à partir du positif et de sortir d’un système qui rabaisse le plus souvent l’autre ou le polarise sur son négatif, son handicap, ses limites, ses fragiles…

Que de personnes avons-nous rencontrées qui sont restées nouées, parce qu’on n’a pas libéré en elles les immenses « possibles »… « possibilités » qu’elles portaient.

« L’important est de vivre et non pas de se regarder vivre » me dira un jour un autre patient.

VARILLON, prêtre (fondateur de la compagnie de Jésus) dira dans sa retraite, 5 jours avant de mourir en 1978 : « j’aime passionnément tout ce qui est passionnant… il y a des gens qui ne savent pas vivre… il ne sont pas gourmands ».

Voilà… être gourmand. Restons gourmands de ce que peut nous apporter la vie… et donc l’art de soi, tout simplement, mais sur un autre rythme.

C’est ce que nous tentons de maintenir au quotidien dans les actions que nous défendons ou que nous mettons en place au sein de l’Association Itinéraires Singuliers… C’est ce que nous tentons de maintenir au quotidien dans le développement de ces actes de création qui visent à aider l’individu en rupture sociale, à exister, à se réconcilier avec lui-même et avec sa vie, à s’éveiller à la vraie intériorité, à ce que j’appellerai « une certaine liberté spirituelle » s’appuyant sur l’apprentissage du mieux vivre au quotidien à partir de l’expérience du positif.

Le chemin du véritable « corps accompagné » passe par-là, car « grandir »… s’ouvrir à soi et aux autres… fait assumer l’insécurité intérieure et permet enfin de vivre avec ses fragiles et ses handicaps….de bégayer comme le souligne Gilles DELEUZE dans sa propre langue.

D’après mes notes prises lors d’une conférence donnée par Alain VASSEUR.